Je ne sais pas trop qualifier le travail de Bahija. Elle vit à El Hawaria elle est en fait une femme au foyer qui saute sur toutes les opportunités de travail et dieu sais qu'elles sont rares. C'est d'ailleurs à cause de cette rareté qu'elle pense toujours à se créer ses propres opportunités. Elle est ainsi travailleuse saisonnière. Pendant l'été elle quitte sa maison et s'installe chez ses parents. Leur maison est proche de la plage est des épiciers « el 3attara » de la plage à qui elle vend ses tabouna dorés.
Elle est donc le fournisseur officiel de tabouna à la plage de El Hawaria en d'autres termes si un jour vous achetez une tabouna dorée et croustillante d'un 3attar prés de la plage il a forcément été préparé par Béhija.
Elle se réveil à 5h30 du matin pour préparer la pâte (te5bez el 5obz) dés 6h30 la fumée monte de la tabouna et une belle odeur annonçant un délicieux pain chaud remplie l'espace. Ça sera la première 7amia de tabouna d'une série de 5 : 3 pendant la matinée et 2 l'après midi pour du pain de seigle. Même à 40° Bahija est devant sa Tabouna pour livrer ses pains à l'heure.
Comme elle occupe la maison de ses parents durant les mois d'été, elle doit tacitement payer en nature une sorte de redevance. Ainsi, entre ses tabouna, elle s'occupe du ménage de la maison, des repas, des bêtes en somme elle est toujours en mouvement.
Mais ce que j'aime chez Bahija c'est son extraordinaire capacité à garder sa bonne humeur, un bon esprit et un sourire radieux avec cette quantité de travail. Le soir lorsqu'elle quitte son t-shirt mauve souillé et son pantacourt noir – sa tenu de travail - c'est une femme étincelante qui a le sens de la répartie et toujours le mot pour divertir l'assemblée.
Elle ne se plaint jamais, je n'ai jamais lu une plainte même discrète sur son visage. Même lorsqu'elle m'explique qu'à la fin Août elle retourne chez elle pour travailler dans le champs des voisins à faucher les cacahouèttes et que juste après elle restera chez elle pour s'occuper de la rentré scolaire de ses enfants. En hiver elle fait souvent la hannana pour les femmes du quartier ça l'aide aussi ou plutôt ça aide son mari.
Son courage et sa volonté pour faire son travail, le travail qu'elle se crée qu'elle se donne sont une véritable leçon. Personne ne contrôle son travail pourtant elle est ponctuelle et très active.