Et pourtant elle tournent” (dixit Abdelkrim Gabous, titrant son ouvrage consacré aux réalisatrices femmes tunisiennes). Encore faut-il avoir les idées et les moyens, pour faire un film long ou court, soit-il.
La femme tunisienne s'est imposée dans tous les domaines, jusque-là réservés aux hommes pour acquérir la notoriété et l'estime de tous. Et depuis quelques semaines, plusieurs films de femmes sont projetés sur nos écrans. Outre “Fleur d'oubli” le nouveau long-métrage de Selma Baccar, d'autres films courts, ceux-là, réalisés par des femmes ont été projetés à la “Soirée du court-métrage” le 29 décembre 2005 au “Mondial”. Il s'agit de : “Khmissa” de Molka Mahdaoui, une étonnante histoire avec une fin des plus inattendues. “Les beaux jours” de Meriem Riveill, est un flash – back sur une enfance à Tunis d'une vieille femme tunisienne vivant à Paris. Quant à : “Nesma ou rih” de Sonia Chamkhi et Lassâad Dkhil, il s'attache aux réalités sociales du pays à travers le quotidien d'une jeune fille, vendeuse de tickets dans un bus.
Le cinéma tunisien a enfanté un bon nombre de réalisatrices, dont certaines sont monteuses. Citons : Moufida Tlatli qui écrit elle-même les scénarios de ses films, Kalthoum Bornaz, Fatma Skandrani, Néjia Ben Mabrouk et Nadia El Fani. Dans leur majeure partie, les œuvres qu'elles nous ont concoctées racontent des histoires de femmes face à leur destin. Des approches et des visions différentes qui sont venues enrichir notre cinématographie. Comme quoi, nulle autre qu'une femme ne pourrait raconter et mettre en images les douleurs ou les joies d'Eve.
Article de L.B.K sur
letemps.com.tn