"C'est à l'âge de 10 ans que ma vie « consciente » a bel et bien commencé.
Pendant les vacances d'été, mes parents, leurs collègues de travail, les voisins et les cousins me confiaient leurs enfants pour leur assurer une révision en mathématiques en contrepartie d'une rémunération. J'étais excitée à l'idée de pouvoir ravitailler mes caprices, chocolat, glibettes…
Cette occupation estivale s'était poursuivie jusqu'à l'âge de 17 ans. Et c'est à ce moment que mon calvaire avait commencé. Plus précisément, ma première année à l'Institut des Hautes Études Commerciales (IHEC), oh combien « fake » superficiel cet endroit. Bref, la paysanne s'était retrouvée au milieu d'étudiants coquets, beaux, riches, filles et fils de ministres, diplomates « elmzammer andou Élena »…et quelques campagnards.
Mon premier choc culturel fut l'accent, quel supplice! Et c'est à ce moment précis que mon complexe avait pris naissance. Ma toute première réaction fût d'éviter de prononcer tous les mots contenant le « ق » et ce qui m'avait aidé le plus c'est la langue de molière.
C'est drôle! Certains étudiants de l'IHEC parlaient français, juste pour frimer, mon prétexte était de cacher mon fort accent paysan…mais ce n'était pas suffisant! La stratégie gagnante était d'emprunter leur prosodie. Et c'est depuis le temps que je vis avec deux personnalités : familiale et extra familiale! La honte…Ce complexe survit encore
Je ne peux blâmer personne pour ce manque d'assurance mais la peur d'être dénigrer et surtout d'être traiter comme une pute (c'est l'idée qu'on se fait de ceux qui viennent du secteur 08; les femmes, des estis de putes et les hommes, des arnaqueurs) me troublait énormément…ce n'est fini, le mal est plus profond…à suivre."
Je vous souhaite une
bonne découverte